Réseaux sociauxN° 3 · 28 octobre 2026
Couper les réseaux sociaux : le gouvernement s’y est préparé
Mis à jour le 28 octobre 2026 Le Sénat a adopté l’amendement le 27 octobre, sans le retrait en une heure, abandonné par le gouvernement.
La suite de Peut-on vraiment bloquer TikTok ou Snapchat en France
Et si Snapchat ou TikTok disparaissaient de ton téléphone pendant une journée de manifestation ? Le gouvernement s’y est préparé, avant de proposer une nouvelle loi.
Samedi 24 octobre, des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans toute la France. Deux jours avant, le Premier ministre avait écrit aux opérateurs (Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free) pour leur demander de se préparer à bloquer Snapchat, TikTok et Instagram sur les téléphones, pendant quelques heures. Le but : éviter que les réseaux servent à organiser des violences, comme lors des manifestations du 17 octobre. Les opérateurs ont répondu qu’ils ne pouvaient pas le faire si vite, et le blocage n’a pas eu lieu.
Le gouvernement a ensuite proposé une loi, que le Sénat a votée le 27 octobre. Si un message pousse à la violence, au vol ou à la casse, et risque de provoquer de graves troubles, le aura 24 heures pour le supprimer. Sinon, il pourra être bloqué. C’est une plateforme de la police, appelée Pharos, qui fera la demande, sans passer par un juge. Le gouvernement voulait d’abord un délai d’une heure, mais il y a renoncé. Et la loi n’est pas encore définitive : les députés doivent aussi l’examiner.
Certains trouvent ça utile pour éviter les débordements. D’autres craignent que l’on supprime aussi des messages qui ne sont pas dangereux, et que l’on bloque des applications utilisées par des millions de personnes.
Si tu vois des contenus qui te choquent ou qui appellent à la violence, parles-en à un adulte de confiance.
DNS
Le service qui transforme le nom d'un site, comme wikipedia.org, en numéro que les ordinateurs comprennent.
En clair : Le répertoire de ton téléphone, tu cherches un prénom et il compose le numéro.
VPN
Un service qui fait passer ta connexion par un tunnel protégé, pour que personne sur le chemin ne voie ce que tu fais.
En clair : Un couloir couvert entre ta maison et un bâtiment lointain, d'où tu sors ensuite dans la rue.
réseau social
Une application où l'on publie des photos, des vidéos ou des messages et où l'on suit d'autres personnes.
filtrage DNS
C’est une technique qui empêche d’accéder à un site en bloquant son adresse, un peu comme si on effaçait son nom dans un annuaire téléphonique pour qu’on ne puisse plus le trouver.
En clair : C’est comme si tu cherchais un magasin dans une ville, mais que toutes les pancartes indiquant son adresse avaient été enlevées : tu ne pourrais plus le trouver, même si le magasin existe toujours.
plateforme de signalement
C’est un site ou une appli où tu peux signaler des contenus qui te semblent illégaux ou dangereux, comme des messages violents ou des images choquantes.
En clair : C’est comme une boîte aux lettres où tu peux déposer un mot pour prévenir la police si tu vois quelque chose de suspect dans ton quartier.
blocage administratif
C’est quand une autorité, comme le gouvernement, décide de bloquer l’accès à un site ou une appli sans passer par un juge, par exemple pour empêcher la diffusion de messages dangereux.
En clair : C’est comme si la mairie décidait de fermer une rue sans demander l’avis d’un juge, parce qu’elle estime que c’est dangereux pour les passants.
Une lettre de Matignon prouve que le gouvernement a préparé une coupure des réseaux sociaux. Le Sénat a voté le 27 octobre un retrait des contenus en 24 heures, sans juge, sous peine de blocage.
Le 22 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux quatre grands opérateurs de se préparer à suspendre Snapchat, TikTok et Instagram par filtrage , pendant quelques heures, le week-end des manifestations des 24 et 25 octobre. Le fixe devait être épargné autant que possible. La lettre, révélée par le média Blast, invoquait le rôle de ces réseaux dans la coordination des violences du 17 octobre. Les opérateurs ont jugé un blocage limité au mobile et à certaines zones impossible à court terme, et ont réclamé un acte officiel, daté et motivé.
Le gouvernement a ensuite déposé un amendement au projet de loi dit « casseurs-payeurs », adopté par le Sénat le 27 octobre. Il élargit les pouvoirs de Pharos, la du ministère de l’Intérieur, qui ne visait jusqu’ici que les contenus terroristes : - Pharos pourra exiger, sans juge, le retrait sous 24 heures de contenus qui provoquent directement à des violences, des agressions, des vols ou des dégradations, s’ils risquent de troubler gravement l’ordre public. Une plateforme qui refuse risque jusqu’à 150 000 € d’amende, ou 2 % de son chiffre d’affaires mondial. - Faute de retrait, l’administration pourra demander le blocage et le déréférencement du site.
La première version prévoyait aussi un retrait en une heure des appels à l’insurrection. Le gouvernement l’a retiré juste avant le vote : le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a évoqué des craintes sur sa conformité à la Constitution et au droit européen. Le texte doit encore passer devant l’Assemblée nationale.
Le débat est surtout juridique. En 2020, le Conseil constitutionnel avait censuré la loi Avia, qui imposait un retrait en une heure sans juge : c’est ce précédent qui a fait reculer le gouvernement. Et en avril 2025, le Conseil d’État a jugé illégal le blocage de TikTok en Nouvelle-Calédonie (mai 2024), sauf « circonstances exceptionnelles », pour une durée limitée et faute d’autre solution.
Si tu es témoin de contenus violents ou illégaux en ligne, tu peux les signaler sur Pharos (internet-signalement.gouv.fr) ou en parler à un adulte de confiance.
DNS
Le système de noms de domaine, qui fait correspondre un nom facile à retenir à l'adresse IP du serveur qui héberge le site.
En clair : Le répertoire de ton téléphone, tu cherches un prénom et il compose le numéro.
VPN
Un réseau privé virtuel. Il chiffre ta connexion jusqu'à un serveur intermédiaire, qui accède ensuite à Internet à ta place. Les sites voient l'adresse IP de ce serveur et non la tienne.
En clair : Un couloir couvert entre ta maison et un bâtiment lointain, d'où tu sors ensuite dans la rue.
réseau social
Un service en ligne qui permet de créer un profil, de publier des contenus et d'interagir avec d'autres utilisateurs. Il vit le plus souvent de la publicité ciblée.
filtrage DNS
Le filtrage DNS est une méthode qui consiste à modifier les tables de résolution des noms de domaine pour empêcher l’accès à un site. Par exemple, si un opérateur bloque TikTok, ton téléphone ne pourra plus traduire l’adresse tiktok.com en adresse IP, et tu ne pourras pas y accéder.
En clair : C’est comme si tu cherchais un magasin dans une ville, mais que toutes les pancartes indiquant son adresse avaient été enlevées : tu ne pourrais plus le trouver, même si le magasin existe toujours.
plateforme de signalement
Une plateforme de signalement est un service en ligne qui permet aux utilisateurs de signaler des contenus illicites (violents, haineux, etc.). En France, Pharos est la plateforme officielle gérée par le ministère de l’Intérieur.
En clair : C’est comme une boîte aux lettres où tu peux déposer un mot pour prévenir la police si tu vois quelque chose de suspect dans ton quartier.
blocage administratif
Le blocage administratif est une mesure prise par une autorité publique (comme le gouvernement) pour interdire l’accès à un site ou une plateforme, sans décision préalable d’un juge. Cette mesure est souvent justifiée par des raisons de sécurité publique, mais elle peut être contestée si elle porte atteinte aux libertés.
En clair : C’est comme si la mairie décidait de fermer une rue sans demander l’avis d’un juge, parce qu’elle estime que c’est dangereux pour les passants.
Matignon a préparé une suspension de Snapchat, TikTok et Instagram par filtrage DNS, puis a fait voter au Sénat un retrait des contenus en 24 heures sous peine de blocage. Ce que cela dit des moyens techniques et des garde-fous.
Le 22 octobre, Matignon a demandé à Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free d’anticiper un filtrage de Snapchat, TikTok et Instagram pour le week-end des 24 et 25 octobre, en ciblant surtout les connexions mobiles. Le principe : les résolveurs DNS des opérateurs ne renvoient plus l’adresse IP de ces services. Notre article de la semaine dernière détaille cette méthode et ses limites : un autre résolveur ou un suffit à la contourner, et le ciblage géographique se heurte au fonctionnement des antennes. Les opérateurs ont d’ailleurs répondu qu’un blocage limité au mobile et à certaines zones n’était pas faisable à court terme.
L’amendement déposé le 26 octobre au projet de loi « casseurs-payeurs », adopté par le Sénat le 27 octobre dans une version rectifiée, change de cible : il vise les plateformes plutôt que le réseau. - Extension de Pharos : retrait sous 24 heures, sans juge, des provocations directes à des violences, vols ou dégradations risquant de troubler gravement l’ordre public. Sanctions : jusqu’à 6 mois de prison et 150 000 € d’amende, ou 2 % du chiffre d’affaires mondial pour une entreprise. - Blocage : sans retrait, l’administration peut demander le blocage et le déréférencement du site. - Procédure d’urgence abandonnée : la première version imposait un retrait en une heure des appels à un attentat, à l’insurrection ou à s’armer contre l’État. Le gouvernement l’a retirée avant le vote.
Ce délai d’une heure était copié sur le règlement européen sur les contenus terroristes en ligne (2021), que le Conseil constitutionnel a accepté en 2022 parce qu’il reste limité au terrorisme. En 2020, il avait censuré la loi Avia, qui imposait le même délai sur simple demande de l’administration, sans garanties jugées suffisantes. Le ministre de l’Intérieur a invoqué ces risques pour retirer la procédure d’urgence. Reste le retrait en 24 heures sans juge, dont l’enjeu est la définition des contenus visés (« trouble grave à l’ordre public ») et l’absence de contrôle préalable d’un juge. Le Conseil d’État, de son côté, n’admet la suspension d’un qu’en « circonstances exceptionnelles », pour une durée limitée et faute d’autre mesure possible.
Enfin, le règlement européen sur les services numériques (DSA) prévoit déjà un mécanisme de crise, mais il est déclenché par la Commission européenne et s’adresse aux très grandes plateformes, pas aux opérateurs.
DNS
Annuaire distribué et hiérarchique. Un résolveur interroge les serveurs racine, puis ceux du domaine de premier niveau (.fr), puis les serveurs du domaine, et garde la réponse en cache pendant une durée fixée.
En clair : Le répertoire de ton téléphone, tu cherches un prénom et il compose le numéro.
VPN
Tunnel chiffré entre le client et une passerelle. Il protège des écoutes sur le réseau local mais déplace la confiance vers le fournisseur du VPN, qui voit le trafic sortant.
En clair : Un couloir couvert entre ta maison et un bâtiment lointain, d'où tu sors ensuite dans la rue.
réseau social
Plateforme modélisable par un graphe, où les sommets sont les comptes et les arêtes les abonnements ou amitiés. Les algorithmes de recommandation y décident de ce que chacun voit.
filtrage DNS
Le filtrage DNS repose sur la modification des serveurs DNS d’un opérateur pour empêcher la résolution d’un nom de domaine en adresse IP. Cette technique est simple à mettre en œuvre mais peut être contournée via des DNS alternatifs (comme 1.1.1.1 ou 8.8.8.8) ou un VPN. Elle ne chiffre pas les requêtes DNS, ce qui la rend vulnérable aux attaques de type DNS spoofing.
En clair : C’est comme si tu cherchais un magasin dans une ville, mais que toutes les pancartes indiquant son adresse avaient été enlevées : tu ne pourrais plus le trouver, même si le magasin existe toujours.
plateforme de signalement
Une plateforme de signalement est un système centralisé permettant de collecter et de traiter les signalements de contenus illicites. Elle peut être couplée à des algorithmes de détection automatique ou à des équipes humaines pour évaluer la légalité des contenus signalés. Son efficacité dépend de la rapidité de traitement et de la collaboration avec les hébergeurs.
En clair : C’est comme une boîte aux lettres où tu peux déposer un mot pour prévenir la police si tu vois quelque chose de suspect dans ton quartier.
blocage administratif
Le blocage administratif est une procédure permettant à une autorité administrative (comme l’ANSSI ou le ministère de l’Intérieur) de demander aux opérateurs ou aux hébergeurs de bloquer l’accès à un site ou une plateforme. Cette mesure est encadrée par la loi, mais son application peut être contestée devant le Conseil d’État ou le Conseil constitutionnel pour atteinte aux libertés fondamentales.
En clair : C’est comme si la mairie décidait de fermer une rue sans demander l’avis d’un juge, parce qu’elle estime que c’est dangereux pour les passants.