Internet & WebN° 2 · 21 octobre 2026
Ton téléphone captera bientôt le réseau par satellite en Europe
Et si ton téléphone captait du réseau même en pleine montagne ou dans une forêt ? Quatre grands opérateurs européens veulent utiliser des satellites pour ça.
Tu connais cette frustration quand ton téléphone n’a plus de réseau ? Dans une cave, en randonnée ou après une tempête, c’est souvent impossible d’appeler ou d’envoyer un message. Mais bientôt, ça pourrait changer : des opérateurs comme Orange veulent connecter ton smartphone directement à des satellites.
Comment ça marche ? Les satellites envoient des ondes, comme celles du wifi, mais depuis l’espace. Ton téléphone les capterait sans avoir besoin d’une antenne-relais près de toi. C’est un peu comme si tu pouvais parler à quelqu’un très loin sans passer par un relais : le satellite fait le lien.
Pour que ça fonctionne, il faut réserver des « routes » dans l’air, appelées fréquences, pour que les ondes ne se mélangent pas. L’Europe veut partager ces routes entre plusieurs usages : une partie pour les gouvernements, une autre pour les entreprises européennes, et une dernière pour tout le monde.
Les opérateurs ne lanceront pas leurs propres satellites, mais ils construiront des stations au sol pour les contrôler. Le service pourrait être disponible d’ici quelques années, et tous les opérateurs français pourraient le proposer.
fréquence radio
Une sorte de « route » invisible dans l’air que les ondes utilisent pour transporter des informations, comme la voix ou les données.
En clair : C’est comme une autoroute où chaque voie est réservée à un type de véhicule : si tout le monde prend la même voie, ça crée des embouteillages.
protocole
Les règles que deux machines suivent pour se comprendre quand elles communiquent.
En clair : Les règles de politesse au téléphone, on dit allô, on se présente, on raccroche.
bande passante
La quantité d'informations qu'une connexion peut faire passer en même temps, comme la largeur d'un tuyau.
En clair : Le nombre de voies d'une autoroute, plus il y en a, plus de voitures passent en même temps.
adresse IP
Le numéro qui identifie un appareil sur Internet, un peu comme une adresse postale pour qu'un colis arrive au bon endroit.
En clair : C'est l'adresse écrite sur l'enveloppe, sans elle le facteur ne sait pas où livrer.
constellation satellitaire
Un groupe de satellites qui travaillent ensemble pour couvrir une grande zone, comme une équipe de relais dans le ciel.
En clair : C’est comme une équipe de coureurs qui se passent un témoin pour couvrir une longue distance sans s’arrêter.
L’Europe veut connecter directement ton smartphone aux satellites pour éviter les zones blanches. Une alliance d’opérateurs télécoms prépare le terrain, mais la bataille des fréquences est lancée.
Plus de réseau dans une vallée perdue ou après une tempête ? Ce problème pourrait disparaître grâce au Direct-to-Device (D2D), une technologie qui permet à ton smartphone de se connecter directement à un satellite, sans passer par une antenne-relais terrestre. Quatre géants européens des télécoms – Orange, Deutsche Telekom, Telefónica et Vodafone – viennent de s’allier pour obtenir des fréquences dédiées à ce service.
Leur objectif ? Proposer une connexion 4G ou 5G partout en Europe, y compris dans les zones sans infrastructures au sol. Pour y parvenir, ils comptent utiliser des satellites fournis par un partenaire extérieur, tout en construisant des stations au sol pour gérer le réseau. Le service serait ensuite revendu à d’autres opérateurs, comme Free ou Bouygues en France.
Le défi principal réside dans l’attribution des fréquences. L’Europe envisage de découper la bande des 2 GHz en trois parts : une pour les usages militaires et gouvernementaux, une pour les nouveaux acteurs européens, et une dernière ouverte à tous, y compris à des entreprises comme Starlink. Ce dernier propose déjà une offre similaire, Starlink Mobile, et a racheté des droits sur des fréquences clés.
Cette alliance européenne a aussi une dimension politique. L’Europe veut réduire sa dépendance à Starlink, dont l’influence a été critiquée, notamment en Ukraine. Les États-Unis ont même menacé l’Europe de représailles si elle limitait l’accès de Starlink à son marché. Pour l’instant, le projet reste à l’étude, mais les premières connexions par satellite pourraient arriver d’ici 2029.
fréquence radio
Une plage spécifique du spectre électromagnétique utilisée pour transmettre des signaux sans fil, comme les communications mobiles ou la radio.
En clair : C’est comme une autoroute où chaque voie est réservée à un type de véhicule : si tout le monde prend la même voie, ça crée des embouteillages.
protocole
Un ensemble de règles qui fixe comment des appareils échangent des données, par exemple HTTP pour le Web ou SMTP pour les mails.
En clair : Les règles de politesse au téléphone, on dit allô, on se présente, on raccroche.
bande passante
Le débit maximal d'une liaison réseau, mesuré en bits par seconde (Mbit/s, Gbit/s). Plus elle est grande, plus on peut transférer de données rapidement.
En clair : Le nombre de voies d'une autoroute, plus il y en a, plus de voitures passent en même temps.
adresse IP
Un identifiant numérique attribué à chaque appareil connecté à un réseau. Les données envoyées sur Internet portent l'adresse IP de l'expéditeur et celle du destinataire.
En clair : C'est l'adresse écrite sur l'enveloppe, sans elle le facteur ne sait pas où livrer.
constellation satellitaire
Un réseau de satellites en orbite basse ou moyenne, conçus pour fournir des services de communication ou d’observation sur une large zone géographique.
En clair : C’est comme une équipe de coureurs qui se passent un témoin pour couvrir une longue distance sans s’arrêter.
L’Europe accélère sur le *Direct-to-Device* : une alliance d’opérateurs télécoms vise à connecter les smartphones directement aux satellites, mais la bataille des fréquences et la souveraineté numérique compliquent le projet.
Le Direct-to-Device (D2D), ou Direct-to-Cell pour les réseaux 4G/5G, est une technologie prometteuse qui permettrait aux smartphones de se connecter directement à des satellites, contournant ainsi les limitations des infrastructures terrestres. Quatre opérateurs européens majeurs – Orange, Deutsche Telekom, Telefónica et Vodafone – ont signé une lettre d’intention pour candidater ensemble à l’attribution de fréquences dans la bande des 2 GHz, actuellement utilisée par des acteurs américains comme Viasat et EchoStar (racheté par SpaceX).
Cette bande de fréquences, harmonisée au niveau européen, est considérée comme idéale pour les services mobiles par satellite en raison de son équilibre entre couverture et efficacité spectrale. La Commission européenne propose de la diviser en trois segments : un réservé aux usages gouvernementaux (notamment pour la constellation IRIS², un projet de réseau satellitaire souverain), un deuxième pour les nouveaux entrants européens, et un troisième ouvert à tous, y compris aux acteurs non européens comme Starlink.
Techniquement, les opérateurs européens ne prévoient pas de lancer leurs propres satellites, mais de s’appuyer sur un partenaire tiers pour fournir les infrastructures spatiales. Ils construiront et géreront les stations au sol, ainsi que le réseau de coordination, avant de revendre le service en gros à d’autres opérateurs. Cette approche permet de mutualiser les coûts et d’assurer une couverture étendue.
Cependant, le projet se heurte à des enjeux géopolitiques. Les États-Unis ont menacé l’Europe de représailles si elle limitait l’accès de Starlink à son marché, soulignant la tension entre souveraineté numérique et interdépendance technologique. Par ailleurs, la bande des 2 GHz est déjà partiellement exploitée, et son réaménagement pourrait entraîner des conflits d’usage.
Sur le plan technique, le D2D repose sur des de communication adaptés aux contraintes des liaisons satellitaires, comme la latence élevée et la limitée. Les smartphones devront être compatibles avec ces protocoles, ce qui pourrait nécessiter des mises à jour logicielles ou matérielles. Enfin, la gestion des interférences entre les signaux terrestres et satellitaires sera un défi majeur pour assurer une connectivité stable.
fréquence radio
Une portion du spectre électromagnétique allouée à un usage spécifique, comme les communications mobiles ou les liaisons satellitaires. La gestion des fréquences est cruciale pour éviter les interférences.
En clair : C’est comme une autoroute où chaque voie est réservée à un type de véhicule : si tout le monde prend la même voie, ça crée des embouteillages.
protocole
Spécification du format des messages et de leur enchaînement. Les protocoles sont organisés en couches (application, transport, réseau, liaison), chacune s'appuyant sur celle du dessous.
En clair : Les règles de politesse au téléphone, on dit allô, on se présente, on raccroche.
bande passante
Débit maximal d'un lien, en bit/s. À distinguer de la latence, le temps que met un paquet pour aller d'un point à un autre. Certains protocoles de routage s'en servent pour calculer le coût d'une route.
En clair : Le nombre de voies d'une autoroute, plus il y en a, plus de voitures passent en même temps.
adresse IP
Identifiant d'une interface réseau, sur 32 bits en IPv4 (quatre nombres de 0 à 255) ou sur 128 bits en IPv6. Elle se décompose en une partie réseau et une partie machine, séparées par le masque de sous-réseau.
En clair : C'est l'adresse écrite sur l'enveloppe, sans elle le facteur ne sait pas où livrer.
constellation satellitaire
Un ensemble de satellites déployés en orbite terrestre basse (LEO) ou moyenne (MEO), fonctionnant de manière coordonnée pour offrir des services de télécommunication, de géolocalisation ou d’observation.
En clair : C’est comme une équipe de coureurs qui se passent un témoin pour couvrir une longue distance sans s’arrêter.